Le col de chemise amovible est une excellente alternative à la chemise complète lorsque l’on souhaite porter un pull tout en gardant un style élégant.
J’ai testé la couture d’un col de chemise amovible à partir d’un patron acheté sur Etsy. Dans cet article, je vous partage mon expérience, les erreurs que j’ai rencontrées, les ajustements réalisés et mes conseils pour choisir le bon patron.
Pourquoi coudre un col de chemise amovible ?
Le col de chemise amovible permet :
- d’avoir l’illusion d’une chemise sous un pull,
- d’éviter les épaisseurs au niveau des manches,
- de ne pas avoir trop chaud,
- et de varier facilement les styles.
C’est aussi une excellente solution si vous aimez porter des pulls ou des sweats, mais que vous souhaitez structurer la tenue avec un col plus habillé.
Contrairement à une vraie chemise, le faux col est rapide à enfiler, léger et beaucoup plus simple à coudre. Vous ne cousez pas tout un chemisier, mais seulement une partie !
Voilà mon col de chemise simplement posé sur un T-shirt afin que vous voyez l’espace qu’il occupe sur mon corps :
Quel patron de col de chemise amovible choisir ?
J’ai choisi ce patron acheté sur Etsy qui proposait deux versions :
- un col classique, avec des pointes longues,
- un mini col, plus discret et plus facile à porter sous un pull.
Attention ! ce patron est en anglais. Le tuto de couture, joint au patron, est suffisamment complet pour vous aider à coudre ce col de chemise amovible.
Pour mon premier essai, j’ai cousu la version classique avec des pointes longues. Visuellement, le col était très joli posé à plat. Mais porté, je l’ai trouvé un peu trop présent, notamment au niveau des pointes.
Je n’avais pas encore réalisé les boutonnières à cette étape et je ne savais pas encore si j’allais les faire ou non.
Avec le recul, je pense que la version mini col sera plus adaptée à ma morphologie et plus facile à intégrer dans une tenue quotidienne.
Mon conseil :
Si vous débutez, choisissez un modèle plutôt discret. Les grandes pointes donnent un effet très «mode», mais demandent un certain équilibre.
Ici, j’ai mis mon col amovible sous un simple T-shirt. Les pointes du col sont un peu trop présentes à mon goût, même si cela reste tout à fait correct.
Tissu, entoilage et boutons : mes choix et pourquoi
Le choix du tissu
Pour ce col de chemise amovible, j’ai choisi une popeline de coton.
La popeline est un tissu fin, lisse et assez structuré, ce qui la rend idéale pour un col. Elle se repasse facilement, tient bien grâce à l’entoilage et permet d’obtenir des pointes nettes et précises.
Je voulais un tissu qui garde une certaine tenue sans être trop épais, afin d’éviter un effet rigide ou inconfortable au niveau du cou. La popeline de coton offre justement cet équilibre : suffisamment de structure pour un rendu net, tout en restant agréable à porter.
Voilà la popeline que j’ai commandée : (il existe plus de 20 couleurs différentes !).
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C’est la boutique Designers Factory (entreprise française) qui propose également ses tissus sur Amazon ! (C’est d’ailleurs comme cela que je suis tombée sur ce tissu).
L’entoilage
J’ai utilisé :
- un entoilage type G700 (ferme) pour le col,
- un H200 (plus souple) pour le pied de col.
C’est un point important : le col doit tenir, mais le pied de col doit rester confortable, d’où mon choix d’utiliser 2 entoilages différents.
L’entoilage H200 (pour le pied de col) :
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L’entoilage G700 (pour le col) :
Pour le col, j’ai choisi un entoilage G700, qui est assez rigide. Ce choix est totalement assumé : je voulais un col qui se tienne bien, avec une vraie structure.
Ce rendu structuré ne conviendra peut-être pas à tout le monde. Si vous préférez un col plus souple et plus léger, vous pouvez opter pour un entoilage plus fin comme le H200, ou choisir une tenue intermédiaire pour trouver un bon équilibre entre maintien et confort. Vous pouvez donc utiliser l’entoilage H200 pour votre pied de col ET le col sans aucun souci.
Petit point important : l’entoilage se fait toujours sur une surface ferme.
Au départ, j’ai utilisé par facilité, ma nappe de repassage molletonnée posée sur mon bureau. Résultat : la pression du fer a marqué le tissu et l’entoilage n’a pas réagi de manière homogène.
Voici ce qu’il se passe quand on entoile sur une surface un peu trop molle avec un entoilage ferme : Le fer marque le tissu !
Je détaillerai ce point dans un article dédié sur l’entoilage (je vous le dis tout de suite, c’est totalement rattrapable en passant ensuite son tissu sur une planche de bois bien rigide).
Cela dit, avec un entoilage fin comme le H200, cela peut encore fonctionner correctement, même sur une nappe de repassage. Le tissu reste souple et la colle pénètre plus facilement.
En revanche, avec un entoilage plus structuré comme le G700, une surface trop souple pose réellement problème : la pression ne se transmet pas correctement, ce qui peut créer des marques ou une fixation irrégulière.
Conseils pratiques pour un entoilage réussi
- Utiliser un support bien rigide : table en bois, planche épaisse, plan de travail… Éviter les surfaces molletonnées trop souples.
- Poser le fer sans le faire glisser : on presse, on ne repasse pas.
- Appliquer une pression franche et régulière pendant 10 à 15 secondes par zone (les indications sont marquées sur votre entoilage)
- Procéder zone par zone, en chevauchant légèrement les passages.
- Laisser refroidir complètement à plat avant de manipuler la pièce (c’est en refroidissant que la colle se fixe définitivement).
- Faire toujours un test sur une chute avant d’entoiler la pièce définitive (Vérifier bien que le coté avec la colle de l’entoilage soit contre le tissu et non pas contre le fer, sinon vous aller coller l’entoilage au fer !)
Les boutons
Pour ce col de chemise amovible, j’ai choisi des boutons de 10 mm de diamètre. Cette taille reste discrète et proportionnée à un col, sans alourdir visuellement l’ensemble.
J’ai opté pour des boutons en polyester effet nacre, avec un léger rebord. L’effet nacré apporte une petite touche lumineuse, tout en restant élégant. Ce n’est pas une vraie nacre, mais le rendu est très qualitatif.
Je voulais éviter des boutons trop massifs ou trop brillants : sur un faux col porté sous un pull, le détail doit rester subtil.
Un bouton trop grand rigidifierait visuellement le col et attirerait inutilement l’œil. À l’inverse, un bouton trop petit pourrait sembler fragile ou peu équilibré. Les 10 mm offrent ici un bon compromis.
J’ai acheté un paquet de 50 boutons blancs et j’en ai profité pour en prendre aussi 50 en noir ! Vous pouvez choisir différentes tailles et différentes couleurs (il y a plus de 10 couleurs différentes) :
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Ouvrir les boutonnières proprement
Pour ouvrir mes boutonnières, j’ai utilisé un cutter à boutonnière (ou coupe-boutonnière) plutôt qu’un découd vite classique.
Il s’agit d’un petit outil muni d’une lame courte et très tranchante, conçu spécialement pour ouvrir les boutonnières avec précision.
J’ai celui de la marque Clover :
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Ici en lot avec un mini tapis de découpe :
Le tapis de découpe est particulièrement pratique, car la lame du cutter à boutonnière est très tranchante. Poser le tissu directement sur une surface trop dure ou glissante peut être dangereux ou abîmer votre plan de travail !
Comment utiliser le cutter à boutonnière ?
- on place la pointe de la lame à l’intérieur de la boutonnière (Attention de ne pas vous mettre sur les fils de couture de la boutonnière !)
- on maintient le tissu bien à plat (idéalement sur une surface ferme, comme un tapis de coupe),
- puis on coupe délicatement jusqu’à l’extrémité, sans forcer (on appuie simplement sur le dessus du cutter pour exercer une pression). C’est très tranchant ! Ca coupe tout seul.
Et voilà le résultat :
Si vous voyez quelques petites traces bleues sur certaines photos, il s’agit simplement de mon stylo textile effaçable à l’eau. Je l’utilise pour marquer mes repères, notamment l’emplacement des boutonnières.
Les marques sont encore visibles ici, mais rien d’inquiétant : elles disparaissent complètement avec un peu d’eau ou au lavage.
Je trouve que ce cutter à boutonnière est beaucoup plus précis et sécurisant qu’un découd-vite.
Avec un découd-vite, il y a toujours un risque de déraper et d’entailler un point de la boutonnière. Je vous montre d’ailleurs ici comment utiliser un découd-vite.
Le coupe-boutonnière, lui, permet un geste plus net, plus contrôlé, et le résultat est vraiment propre.
C’est un petit accessoire, mais pour moi, il fait toute la différence sur les finitions.
Les étapes pour coudre un col de chemise amovible
Je ne vais pas détailler ici toutes les étapes techniques d’assemblage du col, car cet article n’est pas un tutoriel pas-à-pas. Mon objectif est plutôt de partager mon expérience sur : le choix des matériaux, les erreurs que j’ai rencontrées, les ajustements nécessaires pour obtenir un col confortable et bien proportionné, ainsi que le cutter à boutonnière que j’ai utilisé pour ouvrir proprement les boutonnières.
Si vous cherchez un tutoriel détaillé, je vous conseille de suivre les instructions du patron choisi.
La construction est assez proche d’un col de chemise classique :
- Entoilage du col et du pied de col (Les erreurs sont vite possibles, j’en parle d’ailleurs juste après)
- Assemblage du col
- Montage du pied de col
- Finition du plastron (j’ai simplement surfilé, mais vous pouvez faire un ourlet ou poser un biais)
- Boutonnières éventuelles (je n’ai pas posé toutes les boutonnières et notamment celle sur le pied de col)
Les erreurs que j’ai rencontrées (et comment les éviter)
1. Orientation de l’entoilage
Bien vérifier l’orientation avant d’entoiler !
Le col et le pied de col ne doivent pas être entoilés du même côté visible.
Quand le pied de col entoilé est à l’extérieur, le col doit être entoilé de l’autre côté pour que la belle face du col soit visible après montage.
Pour vous aider : poser les pièces AVANT d’entoiler, comme si elles étaient montées.
Vérifier que la face entoilée du col ne se retrouve pas du côté visible une fois le pied de col assemblé.
Un schéma pour vous aider :
Bon, l’image n’est pas totalement parfaite, il y a certaines incohérences, mais on va surtout regarder l’entoilage du col et l’entoilage du pied de col pour que vous compreniez bien, en fait, quelle est la partie qu’on entoile.
- Col (la grande pièce avec les pointes)
➡️On entoile la face dessous du col (en bleu sur le schéma). C’est la face qui sera à l’intérieur une fois le col monté, mais qui sera ensuite visible « à l’extérieur » une fois le col retourné !
Ça permet d’avoir un dessus bien lisse. - Pied de col
➡️ On entoile la partie extérieure visible (en jaune sur le schéma) : pas celle qui est contre le cou. La pièce contre le cou reste généralement non entoilée pour le confort.
Pourquoi l’erreur est facile à faire ?
Parce que naturellement on se dit : “J’entoile la même face pour les deux”.
Mais en réalité le col est pris en sandwich et son orientation est inversée au montage. Donc l’entoilage doit être réfléchi en volume, pas à plat.
Il ne faut pas entoiler le col du même côté que le pied de col entoilé. Sinon, la face rigide se retrouve du mauvais côté après montage.
Avant d’entoiler, il est préférable de poser les pièces comme si elles étaient déjà assemblées pour vérifier l’orientation.
Comme toujours en couture, le repassage est une étape clé pour obtenir un col bien structuré… J’ai d’ailleurs écrit 2 articles complets à ce sujet :
– Le repassage (Partie 1) : Conseils et Quel fer choisir ?
– Le repassage (Partie 2) : Jeannette, coussin de repassage, semelle de fer à repasser
2. Longueur du plastron
Le plastron était trop court.
À l’essayage, il tombait au niveau de la poitrine et dans le dos il ne descendait pas assez bas à mon goût. Même sans ourlet, il manquait de longueur.
C’est d’ailleurs pour cela que je n’ai pas réalisé d’ourlet et que j’ai simplement surfilé. Pour le prochain col, j’améliorerai les finitions au niveau du plastron en faisant soit un ourlet, soit en posant du biais.
Après mesure, je pense allonger le plastron d’environ 5 cm pour qu’il descende réellement sous la poitrine et qu’il reste bien en place et idem pour le dos.
Un plastron trop court bougera forcément. Surtout, si vous portez ce col de chemisier sous un pull avec une large ouverture en V.
3. Surpiqûre de maintien du pied de col
J’ai constaté que replier exactement 1 cm (comme le préconisait le patron) ne suffisait pas toujours à bien attraper l’épaisseur intérieure.
La prochaine fois, je prévois un léger surplus (1,1 à 1,2 cm) pour sécuriser la surpiqûre. Cela évitera quelques accidents et surtout de devoir reprendre les coutures qui n’ont pas été correctement piquées.
Mes ajustements pour le prochain modèle
Pour la prochaine version, je vais :
- prendre la taille au-dessus pour plus d’aisance (le plastron méritait au moins une taille au-dessus),
- allonger le plastron d’environ 5 cm,
- choisir le mini col (le col classique est trop volumineux pour ma morphologie),
- mettre éventuellement 1 bouton supplémentaire sur le plastron, mais ne pas en mettre sur le pied de col.
Je ne mettrai probablement pas d’élastique, car je préfère éviter toute sensation de tension.
En effet, le patron prévoit également l’ajout d’un élastique reliant le plastron du devant à celui du dos afin de maintenir l’ensemble bien en place. Pour ma part, j’ai choisi de ne pas l’utiliser. J’ai préféré éviter la sensation d’un élastique autour du buste, qui pourrait me gêner au porté. Mon choix est donc d’allonger légèrement le plastron pour améliorer son maintien.
Bien sûr, chacun peut adapter ce détail en fonction de sa propre sensibilité et de son confort.
Mon avis final sur ce patron de col amovible
Ce patron est bien conçu et les explications sont claires.
Le rendu est propre et élégant.
Cependant, comme souvent en couture, les proportions doivent être adaptées à sa propre morphologie. (Et comme j’aime que cela soit parfait pour moi, alors forcément je vais apporter quelques modifications !)
Je considère donc ce premier col comme un prototype réussi, mais la prochaine version sera mieux ajustée.
J’ai particulièrement aimé réaliser un col de chemise amovible, car il permet de créer très facilement une “tenue”… sans réellement coudre une chemise complète !
Avec un simple plastron et un col, on donne l’illusion d’un vêtement entier. C’est à la fois économique en tissu et très créatif : on peut multiplier les versions, varier les couleurs, les matières, les formes de col, et transformer complètement un pull ou un tee-shirt.
Je trouve aussi que c’est un excellent exercice de couture, presque comme une pièce d’étude. On travaille la précision du col, l’entoilage, les boutonnières, les surpiqûres… sans la complexité d’une chemise entière.
C’est d’ailleurs exactement ce que j’enseigne dans ma formation lorsque j’explique l’intérêt des pièces d’étude pour progresser sereinement en couture.
Si vous ne connaissez pas encore le principe des pièces d’étude, je vous en parle en détail dans ma formation « Réalisez vos coutures d’assemblage comme un pro [Module 2] », où j’explique comment progresser étape par étape sans se décourager. Tout ce qui fait la différence entre une couture “faite maison” et une couture soignée, durable et professionnelle. C’est gratuit, alors profitez en !
A découvrir :
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